L’ostéopathie pour traiter la plagiocéphalie du nourrisson

Dans cet article nous verrons les principales notions à connaître sur la plagiocéphalie du nourrisson et pourquoi l’ostéopathie est absolument nécessaire et indispensable pour la traiter.

Définition : Qu’est ce que la plagiocéphalie ? 

La plagiocéphalie ou « tête plate du nourrisson » est l’applatissement d’une des parties de l’arrière du crâne de manière asymétrique, car d’un côté ou de l’autre, pouvant être congénitale (dès la naissance) ou secondaire (apparition après la naissance).

On la caractérise par un « méplat pariéto-occipital » car elle concerne les os pariétal et occiput qui sont deux os de l’arrière du crâne (cf schéma ci-dessous).

L’occiput et le pariétal droit sur une vue postéro-latérale du crâne humain

La nature ayant horreur du vide, un applatissement à un endroit du crâne s’accompagne toujours d’un bombement à distance. Plus le « méplat » postérieur est important, plus grand sera le bombement observé au niveau du front. 

Il y a alors plusieurs stades d’atteinte selon la classification d’Argenta (cf schéma suivant) donc plusieurs stade de sévérité : plagiocéphalie légère, plagiocéphalie modérée, plagiocéphalie sévère et plagiocéphalie très sévère :

Si la déformation à l’arrière du crâne est symétrique, c’est à dire à la fois à gauche et à droite, on parle alors de brachycéphalie

Dans la plagiocéphalie la déformation est « positionnelle » et ne limite pas la croissance du périmètre crânien. Il ne faut donc pas la confondre avec la « craniosténose » dans laquelle une ou plusieurs sutures sont complètement soudées, ce qui ne permet pas une croissance normale de l’ensemble du crâne. Dans ce cas là, le traitement est chirurgical et les atteintes sur le développement du cerveau peuvent être très graves. Dans la plagiocéphalie, le développement du cerveau N’EST PAS affecté !

Les facteurs de risque : 

Ils sont nombreux et de différents types :

-> Les facteurs de risques pendant la grossesse

  • enfant de sexe masculin
  • premier enfant (primiparité)
  • grossesse multiples : jumeaux, triplés …
  • position en siège ou transverse
  • maman très sportive
  • oligoamnios : trop peu de liquide amniotique
  • poids du bébé élevé
  • menace de prématurité
  • bébé qui bouge peu
  • nombreuses contractions 

-> Les facteurs de risque lors de l’accouchement

  • circulaire du cordon ou bretelle : cordon autour du cou, de l’épaule …
  • césarienne
  • travail long ou au contraire, très court
  • périmètre crânien du bébé élevé
  • sortie par voie basse instrumentale : forceps, ventouses, spatules
  • fracture d’une clavicule au moment de l’accouchement 

-> Les facteurs de risques après la naissance

  • pathologie qui influence l’activité motrice du nourrisson
  • hospitalisation prolongée du nourrisson 
  • retard des acquisitions motrices
  • explosion des articles de puériculture dont la quasi-totalité placent l’enfant sur le dos et qui pour beaucoup l’immobilise presque totalement
  • alimentation au biberon : la plupart des parents sont droitiers et donne le biberon avec la main droite, l’enfant ayant toujours le même appui sur le bras gauche
  • la préférence à la position en « décubitus dorsal » depuis les années 1990 suite à la campagne de santé publique « dodo sur le dos ». On constate alors une augmentation de pression sur la partie postéro-latérale du crâne du nourrisson, pouvant favoriser l’apparition du méplat pariéto-occipital. Mais il n’est pas question de revenir sur cette campagne de prévention car on estime qu’elle a permis de diminuer par quatre le nombre de décès par mort subite du nourrisson et ainsi de sauver 900 vies en moyennes par an.
Le décubitus dorsal du nourrisson et son rôle dans l’apparition d’une plagiocéphalie

Les conséquences de la plagiocéphalie :

Trop de personnes ont encore tendance à penser que les conséquences d’une plagiocéphalie sont uniquement esthétiques lorsqu’elle persiste et que, en ce sens, la plagiocéphalie est « bénigne ». D’autant plus que ces conséquences esthétiques sont souvent à l’origine de perturbations psychologiques et sociales (moqueries à l’école, exclusion, persécution, harcèlement, etc …) à ne pas prendre à la légère pour le bien être de l’enfant.

Plusieurs études mettent en exergue des conséquences préoccupantes sur le développement de l’enfant. Lorsque la plagiocéphalie n’est pas traitée, il est possbile de retrouver :

  • un retard du développement moteur
  • des troubles de l’équilibre
  • des difficultés d’apprentissage du langage pouvant nécessiter un accompagnement personnalisé (aide scolaire, orthophoniste)
  • une déformation de la mâchoire perturbant « l’articulé dentaire » et à l’origine d’un défaut d’occlusion dentaire
  • des troubles du sommeil comme l’apnée du sommeil
  • des troubles de l’attention et de la concentration (révélés lors de tests neurologiques)
  • des troubles auditifs dus à une altération du traitement du son par le cerveau 
  • des troubles ORL comme les otites chroniques (une étude très intéressant montre d’ailleurs le lien entre la plagiocéphalie et cette problématique), les sinusites chroniques …
  • des risques de canal lacrymal bouché : l’enfant aura un oeil qui pleure en continu
  • des troubles oculaires : astigmatisme, pseudoptosis (paupière tombante ou sourcil plus bas que l’autre)
  • des risques accrus de développer une scoliose lors de la puberté, sans réel concensus médical à ce sujet, mais il existe bien un risque avéré de développement musculaire axial asymétrique

Quelles solutions pour traiter la plagiocéphalie ? 

Malgré certaines croyances, la plupart des plagiocéphalies ne se résolvent pas spontanément. C’est d’ailleurs ce que montre une étude parue en 2014. Il existe essentiellement trois manières complémentaires de prendre en charge une plagiocéphalie :

  • il est recommandé de faire un bilan en ostéopathie le plus tôt possible lorsque l’enfant présente une préférence à la rotation de la tête à droite ou à gauche et qu’un méplat pariéto-occipital commence à apparaître. Plus l’enfant est pris en charge et diagnostiqué tôt, meilleurs seront les résultats. En ce sens, il est recommandé d’emmener l’enfant en consultation d’ostéopathie dès les premiers jours de vie ! En effet, il ne faut pas oublier que les effets seront d’autant plus longs et lents à obtenir que le bilan sera tardif ! A titre d’exemple, il est très compliqué voire impossible de corriger une asymétrie du crâne lorsque l’enfant a plus de 5 mois. 
  • la kinéstithérapie offre un traitement complémentaire à l’ostéopathie donc nécessaire dans bien des cas, notamment lorsqu’un torticoli congénital est diagnostiqué. Dans ce cas, le kinésithérapeute travaille sur le muscle spasmé (le sterno-cléïdo-occipito-mastoïdien dans la plupart des cas) responsable de l’immobilité de la tête du bébé. Ainsi, l’association de la kinésithérapie à une prise en charge ostéopathique donnera toutes les chances au nourrisson de récupérer une mobilité physiologique et l’asymétrie crânienne s’estompera au fur et à mesure de la croissance du crâne. 
  • pour les nourrissons dont l’asymétrie est très marquée et s’aggrave malgré un suivi ostéopathique et kinésithérapique, il peut être envisagé une thérapie par moulage avec port d’un casque de correction. Par un jeu de pression réparties de manière correctrice sur le crâne, le casque dirige, oriente et ré-harmonise la croissance osseuse et la forme du crâne sur une durée plus ou moins longue (de 3 à 8 mois). Il s’agit d’un traitement lourd pour les bébés et les parents. Il est démontré que la thérapie par port du casque accélère le rythme de correction de l’asymétrie mais n’améliore pas le résultat final. 

La prise en charge ostéopathique pour traiter la plagiocéphalie :

L’ostéopathe commence par réaliser une anamnèseavec les parents de manière à avoir une vision détaillée du déroulement de la grossesse, de l’accouchement mais aussi des éventuels antécédents du bébé (examens, chirurgie, etc …) pour détecter certains facteurs de risque. Il posera des questions sur la qualité de son sommeil, son alimentation, sur d’éventuels troubles digestifs, etc … 

Ensuite, l’ostéopathe réalise un diagnostic palpatoire précis et global et cherche les pertes de mobilité pouvant être en lien avec le motif de consultation et les éventuels maux du nourrisson. 

Pour corriger ces restrictions de mobilité, l’ostéopathe mettra en place des techniques adaptées, douces, sans danger et sans douleurs pour l’enfant afin de redonner un équilibre global à l’ensemble du corps et ainsi traiter la plagiocéphalie.

Il est important de rappeler qu’aucune manipulation articulaire n’est pratiquée sur le nourrisson !

Les conseils de votre ostéopathe contre la plagiocéphalie : 

Ils sont très importants car ils visent à lutter contre de nombreux facteurs de risque de la plagiocéphalie. Voici quelques exemples de conseils que l’on peut donner couramment :

  • alterner la position pour donner le biberon, en changeant régulièrement de côté
  • alterner et changer régulièrement la façon de porter votre nourrisson
  • ne pas utiliser de matériel de puériculture qui immobilise votre bébé et l’empêche de bouger le corps et la tête. C’est le cas des cosy dans les trois premiers mois de vie ainsi que des cales-têtes !
  • avec des jeux de lumières et l’émission de sons dirigés, il est nécessaire de stimuler le regard du bébé dans toutes les directions de l’espace pour augmenter la mobilité de la tête et diminuer la pression qui s’applique sur une zone restreinte de son crâne
  • sous surveillance des parents, il est extrêmement bénéfique de faire découvrir au bébé la position sur le ventre 3 fois par jour entre 10 et 15 minutes par session
  • varier et multiplier les positionnements du bébé. A chaque fois qu’il se retrouve dans une position différente, ses appuis vont évoluer et ses sens s’éveilleront chaque fois un peu plus. Dans ce sens, il est recommandé d’utiliser un tapis d’éveil ! 

Pour toute question supplémentaire, n’hésitez pas à me contacter !

Cet article a 1 commentaire

  1. Merci, j’ai appris plein de choses pour mon enfant. Très instructif, comme toujours.
    J’ai entendu beaucoup de bien sur vous … Dommage que j’habite si loin (Bretagne).

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