Motif de consultation fréquent en cabinet, cet article a pour but d’exposer les résultats scientifiques sur l’efficacité de l’ostéopathie pour traiter le syndrome du canal carpien.

Introduction

Le syndrôme du canal carpien est la résultante de la compression du nerf médian lors de la traversée du canal carpien du poignet. Il s’agit d’une pathologie fréquente, avec une prévalence de 1 % dans la population en France et touche surtout les femmes de plus de 50 ans et les femmes enceintes dans leur troisième trimestre de grossesse.

Le nerf médian est un nerf à la fois sensitif pour les 4 premiers doigts de la main et moteur pour les muscles de la loge thénar.

Représentation anatomique du trajet du nerf médian au niveau du poignet et de la main à sa face palmaire par Florian Gaubert, ostéopathe à Uchaud dans le Gard
Représentation anatomique du trajet du nerf médian au niveau du poignet et de la main à sa face palmaire

Les symptômes

Plusieurs symptômes sont présents dans le syndrôme du canal carpien, apparaissant le plus souvent de manière progressive :

  • acroparesthésies dans le territoire du nerf médian (fourmillements dans les extrémités des 4 premiers doigts)
  • irradiations de toute la main à plus ou moins l’avant-bras selon les cas, selon le trajet du nerf médian
  • une recrudescence nocturne et matinale au réveil de ces signes
  • un déficit moteur se répercutant sur la force musculaire du pouce
  • parfois une amyotrophie du versant externe de l’éminence thénar

Les causes du syndrôme du canal carpien

Dans plus de 50 % des cas, il n’y a pas de cause connue et identifiable. Dans l’autre moitié des cas, nous retrouvons : 

  • des séquelles de traumatismes : séquelles de fractures de l’extrémité inférieure du radius, cal vicieux, activités sportives répétées, etc …
  • des origines endocriniennes : hypothyroïdie, diabète, acromégalie, grossesse
  • des origines rhumatismales : ténosynovite inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde), ténosynovite infectieuse (tuberculose, lèpre), arthrose du poignet, kyste synovial
  • des dépôts intra-canalaires : goutte, chondrocalcinose, apatite, etc …
  • des causes rares : anomalies anatomiques congénitales, tumeurs du canal (lipome, hémangiome)

Les traitements médicaux

Il s’agit de traiter en priorité la cause lorsque cela est possible, notamment lors des origines endocriniennes de ce syndrome. On retrouve aussi : 

  • le port d’une attelle nocturnes de repos du poignet et des doigts
  • l’infiltration de corticoïdes
  • le port d’une attelle de fonction
  • lorsque l’origine est traumatique avec la répétition de gestes à l’origine des symptômes, il peut être complètement salvateur d’aménager le poste de travail par exemple (souris verticale, posture de travail, etc …)
  • le traitement chirurgical

L’étude scientifique

Un essai clinique randomisé (haut niveau de preuve) paru dans le « Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy » en Mars 2017, a cherché à comparer l’efficacité de la prise en charge du syndrome du canal carpien entre la thérapie manuelle et la chirurgie.

Au total, ce sont cent femmes atteintes du syndrome du canal carpien qui ont été réparties au hasard dans deux groupes : un groupe traité exclusivement par thérapie manuelle et un groupe traité exclusivement par voie chirurgicale

Les auteurs ont évalué et comparé plusieurs critères à la suite de ces deux traitements dans les deux groupes : 

  • la fonctionnalité de la main du côté atteint chez les patientes
  • leur force de préhension, c’est à dire leur capacité à serrer un objet entre le pouce et les autres doigts de la main
  • l’évolution de la sévèrité des symptômes
  • l’amplitude du mouvement cervical : en effet, le nerf médian prenant naissance au niveau des cervicales basses, le traitement manuel a consisté à traiter toutes les structures dysfonctionnelles allant de la région cervicale à la main

Ces critères ont été avalués immédiatement après le traitement manuel ou chirurgical puis à 1, 3, 6 et 12 mois ensuite, par un évaluateur ignorant la répartition des patientes dans les deux groupes, et ce, pour ne pas biaiser les résultats.

Les résultats

  • un mois après les traitements, les résultats montrent que les patientes traitées par thérapie manuelle ont eu une amélioration de la fonction de leur main plus significative statistiquement que celles traitées par chirurgie
  • un mois après les traitements, les patientes traitées par thérapie manuelle avaient également retrouvé une meilleure force de préhension par rapport aux femmes traitées par chirurgie
  • à 3, 6 et 12 mois après les deux traitements différents, la fonction de la main et la force de préhension se sont améliorées de manière identique pour la thérapie manuelle et la chirurgie
  • les deux groupes ont signalé des améliorations de la sévérité des symptômes statistiquement identiques sur toute la durée du suivi de l’étude
  • aucun changement significatif de l’amplitude des mouvements cervicaux n’a été rapporté dans chacun des deux groupes

L’étude montre qu’à court terme, l’ostéopathie entraîne de meilleurs résultats que la chirurgie, qui deviennent similaires à long terme (12 mois post-traitement) pour soulager le syndrome du canal carpien.

Conclusion

L’ostéopathie est tout aussi efficace que la chirurgie dans la prise en charge du syndrome du canal carpien

L’ostéopathe explore le corps à la recherche de zones qui présentent des restrictions de mobilité susceptibles d’altérer l’état de santé et possiblement à l’origine d’un syndrome du canal carpien.  

Les mains de l’ostéopathe vont ainsi chercher, trouver et réharmoniser l’ensemble des structures perturbées dans leur mobilité dans le seul objectif de soulager le patient le plus efficacement possible ! 

Pour toute question supplémentaire, n’hésitez pas à me contacter !