La « gonarthrose » ou « arthrose du genou » est une affection musculo-squelettique très fréquente faisant l’objet de nombreuses consultations en cabinet. Retrouvez dans cet article tout ce qu’il faut savoir à son sujet afin de mieux comprendre cette pathologie aux conséquences parfois invalidantes au quotidien. 

La gonarthrose ou arthrose du genou par Florian Gaubert, ostéopathe à Uchaud dans le Gard

Préambule anatomique et biomécanique sur le genou

Le genou est un complexe articulaire qui relie le fémur, le tibia et la patella (rotule), supportant quatre fois le poids du corps à la marche. Il est donc soumis à de nombreuses contraintes et présente une grande mobilité, surtout à la flexion / extension (de 0° à 150° d’amplitude), peu en rotation (10° environ) et tout en assurant une grande stabilité au membre inférieur. 

Le genou est soumis à deux maîtres, la cheville et la hanche, qui fait donc la jonction biomécanique entre la stabilité podale et la stabilité coxo-fémorale. C’est une articulation portante, peu concordante (la forme des surfaces articulaires en présence n’est pas complètement de conformation réciproque) et peu congruente (les surfaces articulaires se touchent sur peu de surfaces). 

Le genou est composé de l’articulation fémoro-patellaire (trochlée articulaire) et de l’articulation fémoro-tibiale (articulation dite bi-condylienne). Plusieurs surfaces articulaires permettent la formation de ces articulations : 

  • celle de la patella : elle s’oriente vers l’arrière, et est formée par deux joues creuses séparées par une crête mousse verticale
  • celle de la trochlée fémorale : elle regarde en avant et en bas et est constituée de deux joues saillantes séparées par une gorge
  •  celles de l’articulation fémoro-tibiale : elle est constituée de deux condyles fémoraux articulaires avec deux plateaux tibiaux, délimitants deux compartiments : le compartiment interne et le compartiment externe

Chaque surface articulaire est recouverte de tissu cartilagineux parmettant la réduction des zones de frottement en augmentant la capacité de glissement harmonieux des structures osseuses entres elles. Ce tissu cartilagineux a une épaisseur d’environ 3 à 4 mm à l’état physiologique sain. 

De nombreux moyens d’union assurent la stabilité du genou :

  • la capsule articulaire commune aux articulations fémoro-tibiale et fémoro-patellaire. Elle est tapissée à sa partie interne de la membrane synoviale permettant de sécréter le liquide synovial ayant un rôle de lubrificateur
  • les ménisques qui sont des fibro-cartilages (sorte de joints élastiques), ayant un rôle  d’amortisseur et de répartiteur des pressions entre les surfaces articulaires du tibia et du fémur, ainsi qu’un rôle de stabilisateur permettant d’augmenter la congruence du genou. Les ménisques ont la forme de deux croissants qui se font face, en forme de « C » pour le ménisque interne et en forme de « O » pour le ménisque externe
  • les ligaments intra-articulaires : les ligaments croisés antérieur et postérieur dédiés à la stabilité antéro-postérieur du genou (on parle de pivot central) et les attaches méniscales (ligaments ménisco-patellaires et freins méniscaux)
  • les ligaments extra-articulaires : le ligament latéral interne, le ligament latéral externe, le ligament poplité arqué, le ligament poplité oblique, le ligament patellaire, le ligament poplitéo-fibulaire et les ailerons rotuliens interne et externe

Enfin, de nombreux muscles permettent d’assurer la mobilité du genou. Nous retrouvons : 

  • les muscles ischio-jambiers
  • le muscle poplité
  • le quadriceps
  • le muscle sartorius
  • le muscle gracile
  • le tenseur du fascia lata
  • le triceps sural

Qu’est-ce que la « gonarthrose » ou « arthrose du genou » ?

La gonarthrose correspond à l’arthrose du genou, qui est la conséquence d’un vieillissement physiologique et pathologique du cartilage. Il s’agit en fait de la résultante de phénomènes mécaniques et biologiques qui déstabilisent l’équilibre entre la synthèse et la dégradation du cartilage et de l’os sous-chondral. 

C’est une pathologie dégénérative très fréquente, touchant préférentiellement les personnes de plus de 50 ans et dont la prévalence augmente avec l’âge. La gonarthrose symptomatique est notamment trois fois plus fréquente que la coxarthrose (arthrose de hanche).

Elle peut toucher : 

  • l’articulation fémoro-tibiale, sur ses compartiments interne et / ou externe : elle est la plus fréquente des gonarthroses symptomatiques et est souvent primitive après 50 ans. Dans la majorité des cas, c’est le compartiment fémoro-tibial interne qui est atteint
  • l’articulation fémoro-patellaire : elle est souvent d’apparition secondaire à un traumatisme ou à une dysplasie (malformation) de la patella, ce qui explique qu’elle concerne souvent des individus plus jeunes

Parfois, la gonarthrose est tricompartimentale, c’est à dire qu’elle touche l’ensemble du genou : l’arthrose fémoro-tibiale est alors associée à une arthrose fémoro-tibiale.

Il existe quatre stades de sévérité dans l’arthrose du genou :

  • stade 1 : l’atteinte du cartilage est superficielle mais de petits ostéophytes (excroissance osseuses aussi appelés « becs de perroquet ») commencent à se former au sein de l’articulation concernée
  • stade 2 : des ostéophytes nets se forment et un rétrécissement minime de l’interligne articulaire se produit
  • stade 3 : des ostéophytes multiples sont formés, l’interligne articulaire présente un pincement à la zone d’appui, une atteinte de l’os se forme montrant des géodes sous-chondrales (« trous » dans l’os) et une déformation est possible au niveau des extrémités osseuses
  • stade 4 : des ostéophytes multiples et de taille conséquente sont formés, un rétrécissement sévère de l’interligne articulaire est visible, des géodes sous-chondrales son présentes et une déformation sévère des extrémités osseuses est visible

Étiologies de la gonarthrose

Plusieurs facteurs de risque peuvent conduire à une arthrose du genou symptomatique. Nous retrouvons notamment :

  • l’âge : une dégénérescence naturelle de la qualité du cartilage s’observe au fur et à mesure du temps. C’est la raison pour laquelle la gonarthrose « primitive » est rare avant 50 ans (hors contexte traumatique et de dysplasie rotulienne)
  • des facteurs génétiques pouvant prédisposer la gonarthrose chez certains individus
  • des facteurs hormonaux chez les femmes, notamment après la ménopause
  • un surpoids entraînant une surcharge mécanique du genou
  • les suites d’un traumatisme ou la répétition de micro-traumatismes du genou
  • une sur-utilisation et / ou une surcharge biomécanique des articulations tibio-fémorale ou fémoro-patellaire en cas d’activité profesionnelles et / ou sportives sollicitant beaucoup le genou
  • suite à une déviation de l’axe des genou : il s’agit du « genu varum » ou du « genu valgum »
  • suite à une dysplasie de la patella et / ou de la trochlée (pour l’arthrose fémoro-patellaire)
  • suite à un trouble postural et / ou un défaut architectural des pieds (affaissement de la voûte plantaire notamment) pouvant contraindre la biomécanique articulaire des genoux
  • suite à la présence d’une maladie métabolique (goutte, chondrocalcinose …) ou inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante …)
  • le tabagisme qui favorise la dégénérescence cartilagineuse des articulations

Signes cliniques de la gonarthrose

Il y a une grande discordance entre la sévérité de la gonarthrose et les plaintes fonctionnelles qui y sont associées. La présentation clinique peut varier avec des formes parfois très bien tolérées malgré une atteinte radiographique importante.

Les douleurs sont mécaniques avec des poussées congestives inflammatoires, et l’ensemble des symptômes de la gonarthrose s’installent de manière progressive, essentiellement lors de la sollicitation du genou atteint initialement, mais aussi au repos ensuite, à un stade plus avancé de la pathologie.

En cas d’arthrose fémoro-tibiale symptomatique, nous retrouvons : 

  • une douleur d’apparition progressive localisée sur le compartiment interne et / ou le compartiment externe, pouvant être plus diffuse sur l’ensemble du genou. Cette douleur est majorée pendant ou après sollicitation du genou (marche, port de charges, montée et descente des escaliers, agenouillement, etc …), et souvent après une période d’inactivité, typiquement le matin au réveil
  • un épanchement synovial responsable d’un gonflement du genou
  • un dérobement possible (sensation que les membres inférieurs ne portent plus le corps) voire une instabilité acquise
  • des craquements articulaires gênants lors de la mobilisation du genou
  • un enraidissement du genou voire une sensation de blocage à la mobilité du genou atteint, surtout « à froid »

En cas d’arthrose fémoro-patellaire symptomatique, nous retrouvons : 

  • une douleur d’apparition progressive localisée à la partie antérieure du genou atteint, à la descente des escaliers, après une période de repos en position assise (c’est ce qu’on appelle le « signe du cinéma ») et lors des premiers pas effectués
  • une raideur du rectus femoris (un des chefs du quadriceps), responsable d’une difficulté à fléchir et tendre le genou atteint
  • des craquements articulaires gênants lors de la mobilisation du genou

Traitements

La prise en charge de la gonarthrose varie selon sa sévérité et l’impact des symptômes dans la vie quotidienne du patient.

  • le traitement est d’abord dit « conservateur » dans les formes précoces et / ou bien supportées de cette pathologie. Le but d’un tel traitement est avant tout d’agir sur la fonction biomécanique du genou afin de diminuer la symptomatologie du patient et ralentir l’évolution de cette pathologie dégénérative :
    1. prévention pour viser une économie articulaire : correction de la biomécanique des mouvements douloureux, mise en place de stratégies d’évitement ou de compensation, perte de poids, etc … 
    2. mesures non phamacologiques : rééducation en kinésithérapie (exercices de mobilité du genou, lutte contre la raideur, cryothérapie, étirements musculaires, etc …), cannes, port d’orthèses, semelles podologiques, prise de compléments alimentaires contre l’arthrose (curcuma, gingembre, thé vert, griffe du diable, oméga 3, bambou, prèle, ortie (silicium), cassis, argile en cataplasme)
  • les traitements médicamenteux : antalgiques et / ou anti-inflammatoires, par voie orale ou par infiltrations, anti-arthrosique symptomatique d’action lente (AASAL),  viscosupplémentation (acide hyaluronique), injection de PRP (« plasma riche en plaquettes »)
  • l’intervention chirurgicale : elle est proposée dans les formes évoluées, lorsque la douleur est réfractaire et la fonction biomécanique du genou est altérée. Plusieurs stratégies chirurgicales existent :
    1. l’arthroscopie du genou : il consiste au lavage articulaire du genou
    2. l’ostéotomie de ré-axation de la jambe : elle vise à corriger un genu varum ou un genu valgum
    3. l’arthroplastie : elle consiste en la pose d’une prothèse de genou, totale ou non, permettant de retrouver une mobilité presque complète et une vie quotidienne normale

Et l’ostéopathie ?

L’ostéopathie peut accompagner un patient souffrant d’une gonarthrose dans la réalisation de son traitement conservateur. La prise en charge ostéopathique s’inscrit alors dans un traitement pluri-disciplinaire indispensable à la réalisation de la norme de soin de l’arthrose du genou. Elle ne se substitue donc pas au traitement médicamenteux et à la réalisation en bon et due forme de la rééducation en kinésithérapie. 

L’objectif d’une prise en charge en ostéopathie est de traiter les éventuelles dysfonctions somatiques (altération de la mobilité, de la viscoélasticité ou de la texture des composantes du système somatique) diagnostiquées plus ou moins à distance du genou arthrosé qui pourraient être en lien avec cette atteinte musculo-squelettique (trouble postural, compensations tissulaires, séquelle de traumatisme, etc …) et pouvant participer à l’entretien de la symptomatologie du patient, pour permettre ainsi de potentialiser les effets du traitement dit conservateur.

Ainsi, l’ostéopathe peut par exemple être amené à traiter une restriction de mobilité d’une articulation propre du pied (arrière-pied, médio-pied, avant-pied) ou plus à distance, du complexe articulaire d’un genou, ou bien encore un trouble de tonicité neuro-musculaire associée à la biomécanique de la jambe, une restriction de mobilité de la ceinture pelvienne pouvant affecter à distance la biomécanique du membre inférieur, etc …

L’ostéopathe utilisera les techniques les plus adaptées, les plus confortables et surtout les plus efficaces pour prendre en charge au mieux son patient. Elles peuvent être de différents types selon l’objectif du praticien. Il peut choisir de concentrer son action sur la mobilité ostéo-articulaire grâce à des techniques manipulatives ou des techniques de mobilisation passive. Il peut aussi choisir de spécifier son action sur des troubles de tonicité musculaire grâce à des techniques de ponçage, myotensives ou bien encore d’étirements spécifiques. Il peut également choisir d’agir sur l’élasticité aponévrotique grâce à des techniques plus spécifiques à visée fascia. Enfin des techniques à visée décongestive et décompressive pourront être utilisées spécifiquement sur l’articulation atteinte d’arthrose.

En bref, l’ostéopathe dispose d’un panel de techniques qu’il inclus dans un traitement holistique afin de permettre la meilleure prise en charge possible pour son patient !

Si vous avez une question sur cet article « Tout savoir sur la gonarthrose ou arthrose du genou », n’hésitez pas à me contacter !